28.10.2010
Cobayes - saison 1 - pilote - 1/x
Gautier

J'étais là, apeuré, caché derrières des amas de tôles et de bois. J'étais, sans vraiment le vouloir aux premières loges d'une scène que je n'aurais jamais voulu voir, même dans mes pire cauchemars. J'avais souvent entendu parler de terrorisme teinté de violence gratuite aux informations. Le genre d'actualité qu'on regarde du coin de l'œil, sans y prêter attention. Cette fois, toute l'horreur et la cruauté de l'homme m'a sauté aux yeux. Une vérité bouleversante, écœurante. Caché derrière mon abris de fortune, se jouait sous mes yeux impuissants le destins d'une poignée d'enfants, aux prises avec des tortionnaires. Tout, sur ces pauvres petits humains, transpirait la peur. De leur yeux exorbités à leur peau ruisselantes de sueur. Certains pleuraient, d'autres faisait profil bas, la tête baissée vers le sol. Les terroristes, cagoulés dans les moindres recoins, pour ne pas qu'on puisse les reconnaître, braillaient dans une langue que je ne comprenait pas. A bout de bras, ils tenaient des armes que je ne connaissais pas non plus mais qui, de par leur envergure, ne présageait rien de bon pour ce petit groupe d'enfants. Si j'avais été plus courageux, si j'avais été un homme, je me serais élancé vers eux, dans un élan héroïque, pour empêcher ce qui inéluctablement, allait arriver. J'avais tellement fais pour eux. Les rudiments de la lectures, les divertir avec des jeux tout con (avec lesquels nous, occidentaux, nous ne nous divertirions plus) ou bien encore les apprendre quelques brides de notre cher français (que nous oublions bien trop vite !). Mais, au fond, ce sont eux qui m'avaient appris le plus. Loin de moi l'envie de véhiculer des clichés mais, ces personnes, aussi peu avaient-elles, m'ont appris à vivre ; purement et simplement. Je m'étais battus pour elles, elles s'étaient surpassées pour moi. Et moi, là, j'allais rester impuissant ? Regarder des tortionnaires mettre fin gratuitement à leur vie ? Ca allait vraiment se terminer comme ça ? Merde quoi ! Quelques mètres devant moi, la tension avait grimpé. Les rebelles tenait à joue les frêles enfants, pointant leur joue avec leurs armes de malheur. Les pauvres victimes tentaient tant bien que mal de contenir leur pleurs et cette peur qui, je le ressentais, les terrassait. En face d'eux, ces hommes hurlait toujours plus fort. Je pouvais apercevoir, à travers leurs cagoules, leur yeux injectés de sang, affamés de pouvoir. Soudain, l'un d'eux, le plus éloigné de moi s'empara d'une petite fille, celle qui, par malheur c'était trouvé à sa portée de main. Il l'agrippa avec force par le coup. La petite, peu vêtue, menue, comme on pouvait le voir dans des spots publicitaires dramatiques pour combattre la pauvreté dans le monde, avait réussit par je ne sais quelle force supérieure à contenir ces larmes. Elle faisait maintenant face à ses assaillants avec forcé et détermination. Ses yeux étaient vides de toute émotion. Au fond, elle savait que ces dernières heures étaient arrivées. Comment faisait-elle ? Elle se risqua à mordre celui qui essayait de resserrer l'étreinte autour de son cou, si maigre. Puis, il la relâcha, la laissant retomber lourdement sur le sol. Je priais secrètement pour elle, espérant qu'elle n'était pas trop blessée. Ces petits camarades, se tenaient à carreaux, jetant successivement des regards aux mystérieux hommes masqués et à leur amie, décharnée sur le sol. Ce même homme, poussa une cri inhumain, mêlant rage et désespoir. Il pointa son arme sur le front de la jeune fille qui, entre temps s'étant agenouillée, se prosternant pour implorer sa grâce, et tira, à bout portant. Certains avait crié, d'autres pleuré, tandis que quelques uns avaient caché leur yeux. Moi, je m'étais mordu les doigts, fort, très fort, tellement fort que j'en saignais à présent. J'avais mordu comme ci cette violence avait pu annihiler celle que cette jeune fille innocente avait reçu gratuitement, de plein fouet, sans le demander. Elle était maintenant là, sur le sol, en guide d'avertissement pour le reste des captifs. S'en était trop pour moi. Je ne pouvais définitivement pas laisser mon travail et le leur s'effacer en quelques secondes... C'est alors qu'une force inconnue m'a poussée à sortir de ma cachette, en poussant un hurlement sans nom. Je courrais vers les agresseurs, empli de destruction et de vengeance quand... pan ! Un coup de feu retentit.
« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! »
Je venais de me relever, assis sur mon lit. J'étais en sueur, j'avais vraisemblablement pleuré. Encore une fois j'avais fais ce cauchemars. C'était la deuxième fois cette semaine et, nous n'étions que mercredi. Par flashbacks, je revoyais encore cette pauvre fille, morte, baignant sans son propre sang, sur le sol.
« Encore ce cauchemar » entendis-je au dans la pièce voisine.
Je tournais mon regard, pour voir mon ami de longue date, Clarens, en train de verser du café dans une tasse.
« Oui Clarens, encore, c'est la deuxième fois cette semaine. Cette fois, en plus, les détails étaient d'autant plus marquant. J'veux dire, les yeux de la petits, le sang sur le sol, le regard impénétrable de ces salauds...
-
Arrête tout de suite Gautier ! Me stoppa mon ami.
-
Mais, j'ai besoin de t'en parler, j'ai besoin d'exprimer ce que je ressens, cette violence à l'intérieur... je bouillonne Clarens.
-
C'est du passé Gautier, tu ne peux pas resté terrassé chez toi à attendre que ces souvenirs s'effacent. Si tu veux oublier tout ça tu dois réécrire l'histoire, t'écrire tes souvenirs.
-
C'est facile pour toi.
-
Non, ce n'est facile pour personne. Je me suis battu pour en arriver là, tu le sais. »
J'ai enfilé à la hâte un t-shirt, délavé mais qui, au départ devait représenter un vieux groupe de rock, un caleçon et je me suis précipité dans la salle de bain, passant à côté de mon ami sans même lui lancer un regard. J'avais horreur que Clarens se prenne en exemple, qu'il me fasse la morale. Pourtant, je devais fatalement admettre que je n'avais que lui. Sans sa présence, je pense que j'aurais coulé... et, quand bien même...
18:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.05.2010
Mon amour de revolver

Il a l’art et la manière.
Mais, au fond, moi aussi je savais y faire.
Il sait user et subtiliser.
Pour au final ne faire de moi qu’un jouet.
J’avais pourtant tout mobilisé.
Mes bonnes idées et mes chaussures cirées.
Mon entrain et mes illusions.
Mes étoiles et mes papillons.
Mais tout est allé de travers.
Mes espérances et ce revolver.
Tout s’est doucement disloqué.
Mon sourire et mon souffle suffoqué.
J’aurais du me canaliser.
Et surtout ne pas appuyer.
Mais tout était finit
Quand ce sifflement à retentit.
Les éclaboussures m’ont émerveillé
Le sang a proliféré
Mes mains s’y sont plongées
Pour à jamais y proliférer.
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04.05.2010
Au coeur de ma bulle

Il y a une bulle, enfouie au fond de mes entrailles.
Une bulle aux contours mystérieux et impénétrables.
Elle gouverne et étends ses tentacules dans tout mon être.
Elle condense et comprime mes émotions.
Dans ma bulle les larmes côtoient des rires aux éclats.
La violence séduit la plénitude.
La sagesse contrecarre l’excentricité.
Les sourires dissimulent le malaise.
Ma bulle est un concentré explosif.
Ma bulle est un organisme hautement toxique.
Ma bulle est mon fardeau.
Ma bulle m’étouffe.
Chaque soir elle scintille, s’entortille.
Elle s’illumine de mille couleurs.
Elle brille, elle brille.
Elle brûle…
Elle se consume.
Chaque soir ma bulle, elle excave mes viscères.
Elle calcine mes illusions.
Elle taillade mon esprit.
Elle me réduit.
Ma bulle est mon fléau, mon fardeau.
Elle séjourne, bien au chaud
Dans les dédales de cette charade sans nom.
Elle est là, je la sens.
Parfois la tentation est forte
De la transpercer d’un geste assumé.
Pour laisser se décharger
Un éther épuré.
00:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


