07.11.2009
Rumeurs
On dit de moi…
Que je suis un croqueur d’hommes.
Que mon appétit insatiable me pousse au mensonge et à la trahison.
Il paraît que je ris trop fort.
Que mon rire est certes communicatif mais qu’il fait honte.
Il semblerait que mes relations se consument aussi vite qu’une boule de papier au milieu d’un brasier ardent.
J’ai entendu dire que j’étais immature.
Prisonnier de mes ours en peluche et autres poupées derrière lesquelles je me cache.
Il paraît même que ma moralité fond comme neige au soleil.
On me voit même, dans des endroits sordides entretenir des rapports étranges avec la gente masculine.
Le temps que je passe sur mon ordinateur m’a valut le doux surnom de geek !(heureusement, sans l’attirail qui va avec)
Quand je bois trop je vomis, un peu partout d’ailleurs ! (et ce n’est pas mes meilleures amis qui vous diront le contraire)
Il paraît que l’amour me fait peur et que, dès que j’en aperçois les contours, je prends la fuite.
Je crois que je regarde autant de séries TV que j’ai eu d’amants dans ma vie (oui oui ça fait beaucoup !)
Mon physique est avantageux, ma répartie légendaire, mon humour implacable le tout est ma force !
Mes parents pensent que je leur en veux [i](et parfois ils ont raison)
Mais savez-vous aussi que…
Le soir, il m’arrive souvent de pleurer quand je pense à « lui ».
Je préfèrerais me sacrifier plutôt que de voir ma mère pleurer une fois de plus.
Que mon cœur bat, si ce n’est plus que celui des autres et qu’au fond, je pense que c’est un handicap.
L’amour, pour moi, c’est encore un truc gnian gnian à la Cendrillon !
Je verse toujours une petite larme devant les films à l’eau de rose.
Je pourrais dépouiller mes propres finances pour aider mes amis.
J’ai été maintes et maintes fois la victime d’une colère un peu trop expressive de mon père.
Mais que même pour ça, je ne pourrai jamais lui en vouloir.
J’aimerais tisser une complicité plus forte avec mon frère mais j’en suis incapable.
Que j’aime quand ma maman vient se glisser dans mon lit avec moi le soir parce qu’elle a passé une mauvaise journée.
Mes profs de danse, arts plat’, théâtre ou bien encore de chant voyaient un grand talent en moi (qu’évidement je n’ai pas exploité !)
J’essaie tout le temps d’arrondir les angles parce que je n’aime pas les conflits.
Ma peau est lardée d’une adolescence quelque peu chaotique.
J’ai déjà mis les pieds au restau du cœur.
J’ai du faire des choses dont je ne suis pas très fier pour gagner ma vie.
J’ai été chanteur dans un groupe de métal en même temps que je faisais de la danse classique !
J’ai été amoureux ! (celle là est de loin ma préférée)
Je ne suis pas celui que je laisse paraître !
10:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.10.2009
L'assaut volatile (partie 1)

Il était une fois un nid. Ce nid était haut perché, coincé entre les branches charnues d’un saule pleureur. Ce nid était modeste. Il avait été était construit à la hâte avec de vieilles brindilles trouvée au grès du vent. Quelques détritus, trouvé non loin de la décharge publique qui, venaient consolider ce cocoon de fortune.
Au sein de ce nid vivait une famille d’oiseaux, fort respectée dans les environs. Le père de cette captivante famille était un beau mâle au jabot blanc fortement déployé. L’ascendant, avait le regard vif et perçant. C’était, et il en était le premier convaincu, le moteur de cette famille. Cette croisée de branches, haute perchée au cœur de ce saule protecteur, c’est lui qui l’avait dénichée. Ces brindilles réchauffantes et bigrement disposées, c’est lui qui était allé personnellement les braconner. Mr oiseau, perché sur sa croisée de branche robustes inspirait autant la crainte que le respect ; il le savait. Il aimait avoir le pouvoir et régner sur son royaume. Même ses plus proches le craignait. Il faut dire que ce sombre bougre savait user de sa carrure pour troubler son entourage.
Maman oiseau en avait fait les frais. Cet oiseau, frêle, avait cessé depuis des années à croasser face à son têtu d’époux. Idéaliste dans l’âme, dame oiseau n’était jamais satisfaite de ce qu’elle possédait. Alors, pour trahir sa triste condition, elle passait son temps à réorganisait ce nid, picorant dans chaque recoins, pour y donner un agencement à sa guise. Mais, cet animal n’était jamais satisfait.
Monsieur et Dame oiseau avaient mit à bas deux oisillons aussi différents que complémentaires. Le premier, était le marginal. C’était celui qui était né le premier des deux mais qui, imperfection de la nature, était un ovni au sein de la famille. Son plumage était de couleurs rousse, tacheté d’innombrables éclaboussures marron. C’était un oiseau aussi intriguant que repoussant. Cet oiseau bohème passait le plus clair de son temps en dehors du nid. Perché, à quelques branches du croisement de brindilles où la famille avait élu domicile, il prenait loisir à toiser sa famille.
Le second était un oisillon bien malchanceux. La nature, cette fois, l’avait doté d’une maladresse innommable. Sa fragilité et sa gaucherie lui valait toute l’attention de ses aînés qui, lui accordaient la plus grande des protections.
Dans son abri de fortune, l’oiseau marginal, aîné de la fournée, regardait avec jalousie l’entrain et la vivacité que ses aïeuls affectaient l’éducation de son jeune frère. Au début, sa rage contenue derrière son plumage carmin ne l’inquiétait pas plus que ça. Puis, quand cette dernière devenait plus viscérale, il « s’amusait » à becqueter le tronc du pauvre saule pleureur.
Des mois passèrent, et le saule pleureur était devenu en piteux état. Les crises acharnées et répétées de l’ainé des deux frères l’avaient transformé en gruyère de bas étage. L’oisillon, se prit un jour de pitié pour cet arbre qui n’avait rien demandé. Il se fit la promesse, ce jour, que ce feuillu ne paierait plus pour ses frustrations destructrices.
Le reste du foyer volatil n’avait rien remarqué des penchants inquiétants de leur allié. Ils continuaient de vivre leurs vies respectives ; papa juché sur sa branche à croasser gaiement, maman le nez dans son nid pour mieux dissimuler ses craintes, le benjamin lui, passant le plus clair de son temps, perdu dans les plumes de son père, cherchant désespérément à lui ressembler.
22:43 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.10.2009
Bautta

Au début, je pensais que j’avais raison.
Je pensais que j’avais raison d’afficher cet air faussement détaché, trompeusement désintéressé, erronément fier de mes choix.
Je prenais un malin plaisir à afficher des convictions qui allaient à contre-courant de ce que la « majorité » affirmait. J’affichais calme, sérénité et épanouissement à avoir fais des choix, personnels, et qui, n’étaient pas compris de tous.
Ainsi, de nombreux concepts, chers à bon nombre d’entre nous, se sont étiolés au fur et à mesure des années au sein de mon être. Amour, vie à deux, fidélité…
Les rencontres que j’ai faites, des révélations, de mauvaises expériences… Tout, ou presque, a été source d’un enseignement, certes cinglant mais, enrichissant.
Et, quand on est un jeune homme plein de rêve, d’idéaux et que l’on se « mange » le mur de la réalité à plus de 200 km/h, le volte-face ne peut être que violent.
Pourtant, je me suis donné à l’ouvrage pour moi aussi essayer de me construire ma parcelle de bonheur. Au final, j’ai récolté le ressentiment de jeunes hommes involontairement brisés par mes soins, une culpabilité grandissante, une sensation frustrante de stagner. Relations feu de paille, masochisme amoureux… je suis parvenu à tout sauf à mes objectifs initiaux.
Ces faillites, cet énorme fiasco, m’a tout d’abord vaguement déçu, puis inquiété pour parvenir aujourd’hui à m’angoisser.
Mais, quand on se doit de sauver les apparences, laisser en plein jour les plaies béantes de notre âme est une abomination. Alors, on trouve des stratagèmes, des artifices, des subterfuges pour dissimuler au plus profond de ses entrailles, le mal qui secrètement nous ronge.
Masque de fortune vissé sur un visage désenchanté, nous voici parés pour affronter les belles désillusions de la vie ! Le temps passe, les amants trépassent, le masque se lasse… Mais tout ça fait surface. Parfois, on se prendrait bien au jeu : le masque et le visage fusionnerait presque, s’abreuvant au passage du reste d’humanité en moi. Mais, force est de constater que la conscience, cette entité cérébrale castratrice, elle, est toujours là, pointant du doigt sur le moindre faux pas.
C’est comme ça que, ponctuellement ; on se retrouve là les yeux rivés sur le plafond, les complaintes d’une chanteuse pop se diffusant dans nos oreilles. On fixe ce plafond, où il y a pourtant rien à voir et on réfléchit, on creuse. Les mots d’amour criés sur tous les toits, les photos presque insultantes d’un bonheur à deux, toutes ces traces nauséeuses et pourtant tellement réelles de l’amour, hantent alors mon esprit. J’y pense…puis j’oublie. Mais, sur mes joues, les larmes, elles, sont bien ancrées.
19:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


